Photos fournies par l’association : © Luc Ludovic Cartophille _ Cie PaQ’la Lune

CONTEXTE : Le quartier Les Hauts de Saint-Aubin est en pleine rénovation urbaine ; il comprend notamment une cité de 275 logements sociaux qui est en cours de démolition et de réaménagement afin de mieux intégrer ce territoire dans le quartier. Certains habitants ont été relogés, d’autres résident encore dans la cité.

AUX ORIGINES : Paq’ la lune est à la fois une association impliquée dans l’éducation populaire et une compagnie comprenant danseurs et comédiens. Ces derniers sont en résidence dans un théâtre proche du quartier depuis 2012 et développent notamment des activités hors les murs. La municipalité leur propose alors d’accompagner les travaux menés dans le quartier Les Hauts de Saint-Aubin sur le volet social et culturel de la rénovation urbaine en mettant en place des animations de proximité menées à bien par la famille Cartophille.

MISE EN ŒUVRE : L’association a mis en place des actions visant à recueillir la mémoire du temps présent, l’idée étant de capter les souvenirs liés à la fin de la cité non pas avec nostalgie mais en valorisant du vécu positif. L’équipe a pris possession d’un appartement vide, situé au cœur de la cité, créant des relations de voisinage avec d’autres personnes en attente de relogement. L’appartement est devenu celui de la famille Cartophille (interprétée par  des comédiens de la compagnie), créatrice de cartes postales en mouvement. Pour tisser des liens avec les habitants, la famille a récupéré des portes d’appartements (enlevées pour éviter les squats), y a accroché des boîtes aux lettres et les ont entreposées à plusieurs endroits de la cité pour que les habitants y déposent leurs paroles sur le sujet de leur choix (sous forme écrites et au dos de cartes postales préalablement distribuées). Par la suite, le sujet a été resserré sur la cuisine. La famille a ensuite proposé des jeux photographiques mettant en scène les habitants dans une posture particulière (le saut en parachute, vol au-dessus de New-York, etc.). A deux reprises, ces photos ont été projetées sur des façades d’immeubles sous forme de diaporama avec au micro un des membres de la troupe racontant une histoire. L’association a également projeté des dessins plus abstraits, la démarche étant de faire des aller-retour entre le réel et l’imaginaire, mais aussi d’amener les habitants vers des formes artistiques plus exigeantes. Grâce à des volontaires en service civique, présents en continu sur la cité, l’association propose des actions régulières au pied des immeubles et organise des points de collecte (de recettes de cuisine, par exemple, ou d’objets de cuisine). Une fois par trimestre, des ateliers d’écriture, de peinture, d’expression, etc. sont organisés dans la rue ; un tout petit théâtre ambulant circule également dans la cité à cette occasion.

TEMPS FORT : En juillet 2013, l’association a lancé l’invasion verte. Grâce à différents partenaires locaux (maison de quartier, foyers d’insertion, etc.), des plantes ont été installées en masse dans le quartier, l’association ayant pour sa part l’objectif que l’immeuble dans lequel se trouve son appartement soit à terme envahi par la végétation.

ET DEMAIN ? : Paq’ la lune souhaite élargir son audience, de la cité au quartier et du quartier à la ville, afin de multiplier les relations entre ces territoires. Ainsi, le théâtre du Champ de bataille dans lequel la compagnie est en résidence développe depuis peu des actions sur le quartier ; en 2013, le festival d’art urbain d’Angers a pour la première fois invité un artiste à faire une performance dans la cité. D’ici la démolition de la cité, l’association souhaiterait qu’un artiste prenne un appartement pour une résidence de quelques mois lui permettant de le transformer en œuvre artistique à visiter. L’objectif est à chaque fois de favoriser la mise en place d’actions collectives et multi-partenariales.

ACTEURS ET CONTACTS :

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